Les Nepenthes vieillardii de Nouvelle-Calédonie



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23 Jan 2009

Le 27 décembre 2008, munis d’une autorisation d’accès spéciale au mont Panié émise par la Direction du Développement Économique et de L’Environnement (ouf !), nous nous retrouvons, Claire-Lise, Martin (ingénieur forestier, Province Nord, DDEE), François (Chargé de mission, Conservation International), Gaby (notre guide) et moi-même en route pour une excursion de 3 jours entre les refuges Blaffard, Maruia, et le mont Panié ! Le 1er jour, une belle grimpette de 6 heures nous emmènera au refuge Blaffard situé à 1150 mètres d’altitude. La première partie sera la plus dure : la savane est déjà chaude, l’air humide et lourd pèse sur nos épaules, tout autant que nos sacs remplis de vivre pour 3 jours ! Évidemment, certains s’en sortent mieux que d’autres. François, habitué aux randonnées depuis son plus jeune âge, n’a aucun mal à suivre le guide, qui marche pourtant pieds nus ! Heureusement, dans la forêt tropicale qui succède à la savane, nous trouvons de multiples (bonnes !) raisons de nous arrêter pour prendre des photos et nous reposer un peu…

orchidée épiphyte

Orchidée épiphyte

Les arbres sont recouverts d’orchidées épiphytes. Nous en trouvons même de minuscules au sol…

petite orchidée terrestre

Petite orchidée terrestre

Les espèces en fleurs sont plutôt rares si on considère le nombre de plantes que nous voyons (des centaines voire des milliers) mais la bonne dizaine de floraisons que l’on verra par la suite (et que l’on sentira, pour certaines) aura pour effet de dissiper la fatigue…

une autre orchidée épiphyte en fleur

Une autre orchidée épiphyte en fleur

Arrivés aux abords du refuge Blaffard, un premier Nepenthes vieillardii se laisse enfin observer !

Ca valait bien une petite marche, n'est ce pas Claire-lise?

Ça valait bien une petite marche, n'est-ce pas Claire-Lise ?

Le sol est extrêmement sec et dur : on parle de terrain minier! La végétation est touffue. On y retrouve de nombreuses fougères, des buissons, etc… Les Nepenthes font partie intégrante de ce maquis.

Cliquez sur la photo pour l'agrandir

Népenthès dans le maquis

J’ai pu compter plusieurs dizaines de pieds en quelques dizaines de mètres, tous espacés de 2 à 10 mètres. Ces plantes carnivores sont présentes dans toute la végétation qui entoure le refuge. De nombreux pieds sont en fleurs, et parmi eux, les pieds femelles portent les fruits et vont fructifier encore quelques semaines avant de libérer leurs graines…

Fleurs femelles productrices de pollen

Fleurs mâles productrices de pollen

Les fruits de l'année passé et ceux à venir. Les graines ont déjà été libérées...

Les fruits de l'année passée et ceux à venir. Les graines ont déjà été libérées...

En observant l’intérieur des pièges, à la recherche de quelques insectes en digestion, je me rends compte qu’il y a profusion de larves de moustique dans le liquide ! Quelle surprise ! En France, je n’ai jamais vu un seul moustique survivre à une entrée dans une urne de Nepenthes et voilà que dans la nature, ils pondent et les larves survivent dans un liquide rempli d’enzymes censés les digérer !

Larves de moustiques dans le liquide d'une urne de nepenthes

Larves de moustiques dans le liquide d'une urne de Nepenthes

L’explication me viendra plus tard ! Rassurez-vous, les urnes des Nepenthes restent de bons pièges à moustiques, sauf pour le moustique Tripteroides caledonicus, qui s’est fait une spécialité de pondre dans les urnes de Nepenthes vieillardii et dont les larves y survivent sans problème ! Le mont Panié sera atteint le lendemain. Le chemin vers le point culminant de Nouvelle-Calédonie aura été, bien plus que la vue en son sommet (hélas nuageux…), source d’une incroyable biodiversité.

Toute l'équipe sur le sommet du mont Panié!

Toute l'équipe sur le sommet du mont Panié ! (de gauche à droite : Gaby, Martin, François, Alain et Claire-Lise)


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12 réponses à Les Nepenthes vieillardii de Nouvelle-Calédonie

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BRINKERT Martin

samedi 24 Jan 2009 at 6:31

Hey l’aventurier !!
Bravo pour ce rapport de mission spéciale !
Bravo pour les supers photos !
…et bien vu pour le moutique spécial nepenthes, j’avoue que j’y croyais à peine!
On y remonte quand ?
Merci kakess’ pour ton passage, a bientôt im Elsass !
Salutations à la damala (comme on dit chez nous).

PS: contrairement à ce qu’on pourrait croire sur la photo de groupe, « che ne suis pas de l’hautre bord » !!

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Francois

lundi 02 Fév 2009 at 4:04

Ah le botaniste passionne !
Bravo pour l’info du moustic – quelle etonnante nature !

Et bravo pour les randonneurs eeelsaciens – c’est vrai que cette montagne vaut bien les Vosges, la chaleur et moiteur en plus !

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rémi carnivore

mardi 03 Fév 2009 at 19:15

vrement super!!! je pence que sa a du etre trois
jours merveilleux!!!

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Plante-carnivore.fr » Nepenthes vieillardii in situ

vendredi 27 Mar 2009 at 11:26

[…] Les Nepenthes vieillardii en Nouvelle-Calédonie […]

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Anonyme

mercredi 15 Avr 2009 at 8:25

magnifique

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kaoua

samedi 23 Mai 2009 at 4:51

Merci pour cette escapade de bon-goût.

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passioné

lundi 13 Juil 2009 at 8:14

VRAIMENT SYMPA LES PHOTOS.c’est sur la cote est calédonienne? comment faire cette escapade parmis tant d’espèces végétales étonnantes?

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Pagenaud Didier

dimanche 27 Déc 2009 at 3:33

Dans le style des plantes carnivores, voici un piège écologique à moustiques grâce aux poissons carnivores !!!

Quand j’ai acheté ma propriété à Nessadiou (Nouvelle Calédonie)en décembre 2005, il était impossible de diner sous la terrasse sans être entouré de tortillons et badigeonné de répulsifs. Ayant un côté un peu « écolo » et aussi économe, je me suis intéressé à ce procédé. J’ai donc mis des pièges autour de la maison puis dans la propriété.
En quatre ans, j’ai diminué la population de moustique de 80%. Nous dinons maintenant sans l’aide de répulsifs et autres …

Comment réaliser un piège à moustique ?
– prendre un bac contenance 30 litres au minimum.
– mettre au fond de la terre ou de la vase propre puis le remplir d’eau
– le recouvrir à moitié par un dessus noir ne dépassant 10 cm de hauteur par rapport à la surface de l’eau (le moustique adore se reproduire dans les coins sombres … protection de ses larves vis à vis des prédateurs)
– mettre des plantes aquatiques (nénuphar, jacinthe, lentilles d’eau …)
– en dernier lieu mettre des guppys.

Le fonctionnement du piège est alors très simple : Le moustique vole sur un rayon d’action de 100 mètres environ. Il ne se reproduit qu’une seule fois dans sa courte vie. Il va donc chercher l’endroit idéal pour pondre ses larves. Attiré par l’eau et le coin sombre du piège, il va pondre ses larves en dessous des plantes aquatiques. Dés que les larves vont commencer à se développer donc à bouger, elles seront immédiatement mangées par les guppys. Il suffit alors de disposer plusieurs pièges autour de la maison.

L’an dernier, j’ai même transformé l’abreuvoir du bétail en piège !! (voir album photo)

Les points négatifs d’un piège sont les suivants :
– il faut compléter les bacs en eau régulièrement en période chaude.
– Il faut remplacer les plantes d’eau si celles-ci périssent (à ce sujet la jacinthe ne vit pas forcément bien dans un bac… je suis obligé d’en remettre régulièrement)
– Il faut de préférence se créer un vivier à guppy pour le complément des bacs en poissons en cas de mortalité. Mais si vous avez plusieurs pièges, surtout des grandes contenances, le vivier devient inutile.
– Il ne faut pas compter sur la récupération de l’eau de pluie ruisselant sur les tôles galvanisées = les guppys meurent. Je pense que l’eau doit se charger un peu d’un produit toxique.

Points positifs :
– ce sont des pièges écologiques
– économie d’argent dans le domaine des répulsifs
– un piège à moustique peut être décoratif
– la réalisation est relativement économique si l’on achète des bacs au premier prix
– ce n’est pas la peine de nourrir les poissons à partir du moment ou l’épaisseur de vase est correcte et que les plantes aquatiques sont en nombre suffisant.
– Et surtout ils diminuent considérablement la population de moustiques sur la zone choisie !!!!!

Les photos de ces pièges sont visibles sur mon blog (http://fr.netlog.com/louphurlant)
Cordialement. Didier

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des Moutis

dimanche 23 Jan 2011 at 3:19

Bravo pour le reportage
Concernant les moustiques se reproduisant dans ces plantes carnivores, je l’ai constaté il y a 10 ans et en avait discuté avec l’enthomologiste de Pasteur.
Faculté extraordinaire d’adaptation de la nature…
Bob

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des Moutis

dimanche 23 Jan 2011 at 3:22

De plus la femelle de ce moustique ne piquerait pas (a vérfier) ayant acquis une réserve de proteine suffisante pour sa ponte dans le liquide de nepentes!!
Bob

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plantes carnivores

mercredi 26 Jan 2011 at 16:33

Remarque intéressante! Une source peut être? je m’en vais chercher sur le net d’autres infos!

Alain

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POAPIDAWA Marie-Jeanne

jeudi 20 Oct 2011 at 4:48

Bravo! c’est génial de voir des plantes carnivores, car sont trés toxique pour les insectes.

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